Faux Real
Chez Faux Real, la chorégraphie n’arrive pas après la chanson. Elliott et Virgile Arndt pensent les gestes, les costumes, les voix et les rythmes comme les éléments d’une même construction. Les deux frères franco-américains ont fait de cette mise en scène un langage pop où l’humour empêche l’artifice de devenir trop sérieux.
Leur parcours entre la France, les États-Unis et le Royaume-Uni nourrit une esthétique de collage. Le glam apporte son goût de l’apparition, la new wave ses angles, le funk une manière d’inscrire les corps dans la pulsation. Les premières performances et l’EP Faux Real donnent immédiatement une place à la symétrie : les voix se répondent, les gestes se reflètent, puis un décalage fait basculer l’ensemble.
Cette dimension visuelle pourrait détourner l’attention de l’écriture. Elle repose pourtant sur des chansons précises, avec des refrains accessibles et des productions qui savent provoquer la surprise sans perdre leur efficacité. En 2024, le premier album Faux Ever donne une durée plus longue à ce travail. Il permet au duo d’organiser ses idées au-delà de l’impact d’un morceau ou d’une apparition scénique. Faux Real joue ouvertement avec la fabrication de l’identité. Le nom l’annonce : il est permis d’être faux pour examiner ce qui paraît vrai. Derrière les postures, la musique conserve néanmoins un plaisir très concret, celui d’un rythme qui entraîne et d’une mélodie qui s’accroche. C’est dans cette tension entre jeu théâtral et efficacité pop que les frères Arndt trouvent leur terrain, aussi exigeant physiquement qu’amusant à regarder.