Federico Casagrande
Pas de chevauchée démonstrative dans Gentle Riders. Federico Casagrande aborde ces huit pièces par le dialogue : la guitare propose une ligne, les autres instruments peuvent en modifier l’allure, et l’improvisation prolonge ce que l’écriture a mis en mouvement. La clarté du toucher rend les idées lisibles sans les figer. Les variations de densité apportent du relief à un jazz qui tire son intensité de l’attention portée aux échanges.
Le lyrisme n’y consiste pas à poser une jolie mélodie sur un accompagnement. Il se construit dans les réponses et les déplacements, au fil d’un jeu où chacun dispose d’une marge d’initiative. Les titres, de Real cowboys do cry à Good night Mongolia, ajoutent un imaginaire de voyage à cet ensemble. Gentle Riders avance ainsi avec souplesse, porté par des compositions qui donnent une direction aux musiciens sans leur dicter tous leurs pas.